Nouvelles de la Légion

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La Légion presse le gouvernement d’agir dans le dossier de la méfloquine

nov. 21 2016

De récents articles publiés dans les médias ont mis en évidence la prescription répétée d’un médicament controversé chez le personnel militaire canadien, et ce malgré de sérieux effets secondaires. L’utilisation de la méfloquine, un médicament antipaludique mis au point comme une option peu coûteuse de protection contre le paludisme, a entraîné des effets secondaires dévastateurs, dont notamment des répercussions psychologiques s’apparentant au syndrome de stress post-traumatique (SSPT). On y a aussi rapporté d’autres effets secondaires à long-terme et quelquefois permanents, tels étourdissements, insomnie, crises épileptiques et réactions psychiatriques.[1]

La méfloquine a tout d’abord été distribuée comme médicament non breveté durant la période 1992‑1993, dans le cadre d’une étude clinique, à 900 militaires canadiens en mission en Somalie. Le personnel appelé à se déployer au Rwanda en 1994 a aussi utilisé la méfloquine. Or, les effets secondaires se sont faits sentir dans les semaines suivant la prise du médicament, et les symptômes se sont progressivement accentués et aggravés avec l’usage continu. En 1999, le vérificateur général fédéral publiait un rapport selon lequel le ministère de la Défense nationale avait, de façon inadéquate, prescrit de la méfloquine et failli, dans le cadre de l’étude clinique, à sa responsabilité d’assurer un suivi quant aux effets secondaires sur le personnel militaire. Cela dit, et en dépit du rapport fort critique et de la recherche inadéquate sur la méfloquine, 15 677 militaires canadiens ont, selon le ministère de la Défense nationale, reçu le médicament pendant la période 2001‑2012.[2]

Les Forces armées canadiennes ont utilisé la méfloquine sur les recommandations de l’Agence de la santé publique du Canada, quand bien même celle-ci eut admis que les répercussions neuropsychologiques demeuraient à être déterminées.[3]Or, il existe d’autres médicaments antipaludiques qui entraînent moins d’effets secondaires que la méfloquine; toutefois, les militaires canadiens continuent de recevoir la méfloquine, et à un taux cinq fois plus élevé que les soldats américains. Les autres pays alliés qui ont constaté les effets de la méfloquine ont mis fin à la prescription du médicament à leur personnel militaire.[4]Bien que Santé Canada ait par ailleurs souscrit au fait que la méfloquine pouvait causer d’importantes séquelles d’ordre psychologique et des lésions permanentes au cerveau, le médicament continue d’être prescrit à notre personnel militaire.[5]

La Légion royale canadienne est quant à elle ébranlée face aux lacunes en matière de recherche sur ce médicament controversé et sur son impact sur la santé, le diagnostic et le traitement des vétérans qui se sont vus prescrire la méfloquine. À cet égard, la Légion a récemment fait parvenir une lettre aux ministres de la Défense nationale et des Anciens Combattants, pour inciter le gouvernement à pousser la recherche sur la méfloquine et ses effets secondaires, et à veiller à ce que tous ceux et celles qui se sont vus prescrire le médicament soient avisés des effets secondaires possibles et reçoivent le bon diagnostic et les soins qu’ils méritent. Pour lire notre lettre aux ministres, cliquez ici.

Dans l’intérêt de tous les vétérans, de ceux qui ont été affectés par la méfloquine, et des militaires actifs prêts à répondre à l’appel du devoir, la Légion en appelle au ministère de la Défense nationale de mettre immédiatement fin à l’utilisation de la méfloquine par ces hommes et femmes du Canada en service militaire actif, et ce tant et aussi longtemps que cette question sera l’objet d’une enquête.

 


[1]https://www.thestar.com/news/world/2016/05/25/risky-anti-malaria-drug-given-to-thousands-of-canadian-veterans.html
[2]https://www.thestar.com/news/world/2016/05/25/risky-anti-malaria-drug-given-to-thousands-of-canadian-veterans.html
[3]http://www.cbc.ca/news/canada/malaria-drug-for-canadian-troops-called-dangerous-1.1156684
[4]https://www.thestar.com/news/world/2016/05/25/risky-anti-malaria-drug-given-to-thousands-of-canadian-veterans.html
[5]http://www.theglobeandmail.com/news/politics/reassess-malaria-drugs-psychotic-effect-on-troops-canadian-veterans-urge/article32835059/