Nouvelles de la Légion

Soyez au fait des nouvelles de la Légion, en lisant les plus récents communiqués et articles issus de la Direction nationale de La Légion royale canadienne.

 

Rapport de la représentante de la Légion

nov. 20 2015

Mme Jacqueline Johnson, filiale #26, Direction Nouveau-Brunswick participante à la Marche de Nimègue 20152015 Legion Nijmegen Represenatative ReportL’an dernier, après avoir posé ma candidature auprès de la Légion royale canadienne, j’ai été choisie en tant que la première femme membre de la Légion pour participer à la 99e édition annuelle de la Marche internationale de quatre jours de Nimègue (ou Vierdaagse) prévue pour juillet 2015. Pour ceux qui ne la connaissent pas trop bien, cette marche de 160 km, s’échelonnant sur quatre jours tout en portant un fardeau de 10 kg, se déroule dans la ville de Nimègue et ses environs, aux Pays-Bas. L’évènement attire plus de 46 000 participants, y compris 5 000 militaires de tous les coins du monde. Les militaires canadiens y participent depuis 1952 et la Légion envoie un représentant comme membre du contingent depuis 2004. La Marche de Nimègue est une expérience émouvante compte tenu de notre lien étroit avec les Néerlandais à la suite des sacrifices de nos soldats canadiens qui ont libéré les Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale.

Tel que mentionné, la Légion royale canadienne appuie cet évènement et envoie chaque année un membre de la Légion qui fait partie d’une équipe VIP qui comprenait, cette année, deux représentants d’Anciens Combattants Canada, l’attaché militaire adjoint du Royaume des Pays-Bas au Canada, de même que deux membres de la GRC. En plus de notre chef d’équipe, le LCol Brian McGee, nous avions la chance d’avoir notre propre physiothérapeute, le major Nic Hazledine.

En sachant que j’allais participer à cet évènement unique, j’ai dû m’entraîner en marchant un minimum de 500 km avant de partir avec le contingent principal d’environ 196 membres (douze équipes militaires) de partout au Canada. J’ai eu quatre mois pour me préparer et juillet était déjà là! Rien ne remplace les kilomètres accumulés – c’est la seule façon de réussir.

Nijmegen Marches 2015

Maintenant de retour à juillet. Notre équipe arrive à Lille, en France, puis se rend à Ypres, en Belgique, où l’on participe au service « À la mémoire des disparus » qui se déroule à 20 H chaque jour depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Après une nuit que l’on passe dans un collège local où l’on dort dans des sacs de couchage sur des lits pliants, on se rend, par autobus, au Cimetière Tyne Cot puis on participe à une cérémonie commémorative très émouvante au Mémorial national du Canada à Vimy. Nous sommes privilégiés de pouvoir compter sur un guide très connaissant lors de la visite des tunnels et tranchées – je n’oublierai jamais les tunnels noirs, humides et froids de la Crête de Vimy.

Après ces cérémonies, qui resteront engravées dans ma mémoire, on prend l’autobus pour se rendre à Nimègue où l’on s’installe au Kamp Huemensoord. La vie là-bas semble surréelle; les Néerlandais sont experts à s’occuper de 5 000 militaires répandus sur quelques kilomètres de parcs. Une fois installés, on se rend par autobus pour participer à la cérémonie commémorative au Cimetière de guerre allemand d’Ysselstyn. C’est ici que sont ensevelis les plus de 31 000 Allemands, Néerlandais, Polonais et Russes qui ont combattu au sein des forces allemandes durant la Seconde Guerre mondiale – et leur moyenne d’âge est de 24 ans.

Nijmegen Marches 2015

Les quatre prochains jours sont tout aussi surréels, difficiles mais gratifiants. Le Jour 1, on couvre 45 kilomètres parmi des dizaines de milliers de participants, des civils comme d’autres militaires. Je dois dire que chaque jour les rues étaient bordées de gens qui nous encourageaient. Cette célébration est d’envergure nationale et je comprends maintenant pourquoi les participants retournent chaque année! J’étais surtout heureuse de voir les enfants qui étaient là pour nous encourager tout au long du parcours et de leur donner un « high five ». Le Jour 2 n’était pas trop difficile, seulement 38 kilomètres à parcourir! J’ai eu l’occasion de rencontrer des gens de partout dans le monde. C’était si facile de jaser avec les compagnons de marche, surtout que la plupart parlait l’anglais. Le Jour 3, un parcours de 40 kilomètres, comprenait un arrêt émouvant au Cimetière de guerre canadien à Groesbeek où l’on a participé à un service commémoratif auquel de nombreux résidents et militaires étaient aussi présents. Déposer des couronnes au cours de ces derniers jours était un honneur et une expérience extraordinaire. Le Jour 4, oui, la dernière journée!, on complète les derniers 45 kilomètres qui comprennent une Marche de la Victoire de cinq kilomètres (Gladiola). C’est alors que j’ai senti le plus la fierté d’être Canadienne! Les rues étaient bordées de ce qui semblait être des millions de personnes qui nous acclamaient comme si la guerre avait pris fin la veille. J’avais le sentiment de flotter alors que mes émotions ont pris le meilleur de moi-même durant les derniers kilomètres de la Marche. Je ne sentais plus aucune douleur et je savourais la fierté et la joie dont les Néerlandais nous enveloppaient.

Nijmegen Marches 2015

Je n’oublierai jamais ce fabuleux voyage et c’est pourquoi je tiens à remercier la Légion royale canadienne qui m’a donné cette opportunité unique en me choisissant comme leur représentante. La personne qui sera choisie pour participer l’an prochain à la 100e édition de la Marche sera gâtée! Tel qu’écrit en néerlandais sur le T-shirt d’un compagnon de marche : « La douleur est temporaire, la fierté est éternelle ». NOUS NOUS SOUVIENDRONS D’EUX.