Nouvelles de la Légion

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Mémoire présenté au comité permament des anciens combattants

avr. 28 2015

OTTAWA (Ont.) 28 avril 2015 – La Légion royale canadienne était présente sur la Colline parlementaire aujourd’hui, alors qu’elle comparaissait devant les membres du Comité permanent des anciens combattants pour leur faire part des enjeux entourant le projet de loi C-597, soit une Loi modifiant la Loi instituant des jours de fête légale.

Vous trouverez ci-après le Mémoire présenté au Comité permanent des anciens combattants.


 

Honorables président et membres du Comité, bonjour. Merci de l’invitation faite à La Légion royale canadienne de comparaître devant le comité sur le projet de loi C-597, soit une Loi modifiant la Loi instituant des jours de fête légale. Au nom du président national, M. Tom Eagles, et de nos 300 000 membres, c’est avec plaisir que nous avons accepté d’être ici aujourd’hui.
Je m’appelle Brad White, et je suis le secrétaire national de La Légion royale canadienne. Au cours des 17 dernières années, j’ai été impliqué dans chacun des principaux événements commémoratifs auxquels la Légion a été appelée à participer; de plus, j’ai occupé le poste de directeur de la Cérémonie nationale du Souvenir du Canada. Aujourd’hui je suis accompagné par M. William Maxwell, agent principal de programme et secrétaire du Comité du Coquelicot et Souvenir de la Direction nationale.
La Légion considère que le 11 novembre ne doit pas être un jour férié ou une journée de fête légale. Cela dit, nous nous opposons à la modification proposée au projet de loi C-597.
Pour votre information, notre position à ce sujet, et tout autre sujet d’ailleurs, relève de la politique de la Légion qui elle résulte de résolutions adoptées lors d’un congrès national, suite à une consultation et à des débats à chacun des trois paliers de l’organisation.
Le processus de la Légion pour instaurer le changement débute d’abord au niveau des filiales, où chaque membre peut proposer des changements à la politique ou aux procédures administratives susceptibles d’avoir un impact sur toute l’organisation. Après examen et discussions par tous les membres de la filiale, la résolution se voit soumise au niveau de la direction provinciale. C’est par la suite lors du congrès provincial de la direction respective que les délégués vont examiner le projet de résolution et en discuter. Si les délégués sont d’accord avec la résolution, celle-ci est alors soumise à l’examen du congrès national, soit le troisième et dernier niveau de consultations et de débats. Si la résolution est entérinée au congrès national, auquel participent les délégués de toutes les filiales et directions provinciales de la Légion, la résolution entre dès lors en vigueur comme politique ou procédure administrative. Donc, comme vous pouvez être à même de le constater, de tels enjeux sont soigneusement examinés et soumis aux débats à tous les niveaux de l’organisation.
La question de donner au jour du Souvenir le statut de jour férié a été débattu lors de nombreux congrès nationaux tenus par la Légion à travers son histoire. Dans les faits, depuis 1970, cela est arrivé 13 fois, et, plus récemment encore, lors du Congrès national de 2012. Et c’est à ce congrès d’ailleurs tenu en 2012 que la Légion a de nouveau réaffirmé son opposition à ce que le jour du Souvenir devienne un jour férié.
La Légion craint que si nous accordons aux Canadiens et aux Canadiennes un jour de fête légale, ceux-ci ne prendront pas peut-être le temps de se souvenir, et ce jour pourrait alors tout simplement faire partie d’un autre long week-end ou devenir un jour de relâche. Cette situation relate expressément les discussions qui s’étaient engagées lors du Congrès national de 1978, et qui portaient sur certains ministères qui, à l’époque, traitaient le 11 novembre comme un congé mobile, ce qui leur permettait d’accorder un long week-end à leurs employés. Cela ne doit pas se reproduire.
Nous avons entendu l’interprétation de ce qu’est un jour de fête légale, et que de donner au jour du Souvenir le statut de fête légale ne ferait pas en sorte de le désigner comme jour férié. Or, la sémantique se prête à des interprétations qui sont subjectives. En effet, on n’a qu’à lire la couverture que nous offrent les médias sur l’évolution du projet de loi pour réaliser jusqu’à quel point le statut de jour férié est exactement ce que le projet de loi entend réaliser.
Cette perception est d’ailleurs validée par l’association qu’on peut en faire, puisque le projet de loi entend désigner le jour du Souvenir tout comme le jour du Canada et la fête de Victoria, qui sont tous deux, selon la Loi instituant des jours de fête légale, des jours de fête légale en plus aussi d’être des jours fériés. Si l’intention donc du projet de loi n’est pas de faire du jour du Souvenir un jour férié, si sa seule désignation de fête légale ne ferait pas en sorte de modifier son statut actuel, selon l’interprétation qu’en a donnée la Bibliothèque du Parlement et qui a été présentée au Comité permanent du Patrimoine canadien, alors pourquoi propose-t-on ce projet de loi?
Peut-être faudrait-il davantage sensibiliser et faciliter la compréhension du jour du Souvenir par la mise en place d’une stratégie d’éducation. Il est impératif que la signification du jour du Souvenir soit inculquée à notre jeunesse et aux Canadiens en général, pour qu’ils fassent preuve de respect envers les sacrifices qu’ont consentis nos anciens combattants morts au combat. Pour reconnaître cette journée, plusieurs écoles tiennent des assemblées où elles organisent leur propre cérémonie commémorative; certains enseignants amènent leurs étudiants à des cénotaphes locaux pour participer en groupe aux cérémonies, renforçant ainsi l’importance de la signification du 11 novembre. La Légion travaille étroitement avec les écoles partout au pays pour introduire un élément pédagogique au jour du Souvenir. En plus d’inviter des groupes d’étudiants à participer aux cérémonies, la Légion propose le Guide d’enseignement qui est un autre excellent outil pédagogique, et dont le contenu a été consulté ou téléchargé depuis notre site Web plus d’un million de fois.
L’automne dernier, dans une lettre adressée à M. Dan Harris, la Ontario Federation of Home and School Associations (OFHSA)a vivement appuyé la position de la Légion quant au jour du Souvenir. La Fédération y faisait observer que : « Dans les années 1960, les Ontariens célébraient le jour du Souvenir en tant que congé scolaire. À cette occasion, les enfants demeuraient à la maison pour s’amuser, regarder la télé et essentiellement profiter d’une journée de congé. Peu d’entre eux participaient aux activités reconnaissant l’importance de cette journée. À cette époque, les groupes d’anciens combattants, les conseils scolaires et d’autres organisations, telles que la OFHSA, avaient exercé des pressions pour que les écoles restent ouvertes le jour du Souvenir… afin que des cérémonies appropriées commémorant le jour du Souvenir puissent se tenir dans les écoles et permettent aux étudiants de mieux comprendre la portée de l’hommage ainsi rendu. »
Aussi sommes-nous encouragés d’entendre que des cérémonies commémoratives se tiennent sur les lieux de travail le 11 novembre. Nous avons besoin que les verbes honorer et se souvenir deviennent, le 11 novembre, une partie importante voire concrète de notre quotidien ce jour-là, et non pas tout simplement une excuse pour accorder un jour de congé scolaire ou un congé payé. Il suffit de regarder la fête de Victoria, soit un jour de fête légale, et se demander quelles célébrations ont lieu à travers le pays pour rendre hommage à la reine du Canada dont le règne aura été le plus long. Pour une majorité, ce n’est là que l’occasion d’un long week-end en mai. Ne laissons pas le jour du Souvenir connaître ce même sort.
Nous vous remercions de nouveau d’avoir invité la Légion en lui donnant l’occasion d’exprimer son point de vue sur le projet de loi C-597.

Pour plus d’informations, veuillez contacter M. Bruce Poulin, de la Direction nationale, au (613) 591‑3335 (p. 241) ou au (613) 292‑8760, ou encore à bruce.poulin@legion.ca.