Mères décorées de la Croix d’argent

La Croix du Souvenir (souvent appelée la Croix d’argent) a été initialement approuvée le 1er décembre 1919. Elle était décernée comme le souvenir de la perte personnelle des mères et des veuves des soldats et marins canadiens morts au champ d'honneur pour leur pays.

Aujourd’hui, chaque année, parmi les nominations faites par les directions provinciales de la Légion et des particuliers, la Légion choisit la Mère nationale de la Croix d’argent pour représenter les mères du Canada à la cérémonie du jour du Souvenir qui se tient le 11 novembre, à Ottawa. Son mandat, qui commence le 1er novembre, est d’une durée d’un an, période durant laquelle elle est appelée à accomplir d’autres fonctions officielles.

 

Mère nationale de la Croix d’argent 2020 – Mme Debbie Sullivan

Le fils de Mme Debbie Sullivan, Ltv Christopher Edward Saunders était un officier de la Marine royale canadienne. Chris a été tué dans un tragique incendie alors qu’il servait à bord du NCSM Chicoutimi, le 6 octobre 2004. 

À titre de Mère nationale de la Croix d’argent, Mme Sullivan est appelée, le 11 novembre, au nom de toutes les mères canadiennes qui ont perdu un fils ou une fille lors d’opérations militaires ou dans l’exercice de ses fonctions normales, à déposer une couronne au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada. Elle verra aussi au cours de l’année jusqu'en octobre 2021 à s’acquitter de d’autres fonctions rendant hommage aux disparus de tous les conflits.

Biographie

Mme Debbie Sullivan

Debbie Sullivan a grandi à la campagne près de Saint John au Nouveau-Brunswick. En plus d’élever deux enfants pleins d’énergie, elle a travaillé en tant que conseillère en intervention d’urgence, comme camionneuse, et a servi dans la Réserve de l’Armée canadienne.

Jeune fille, Debbie était membre de l’Église Unie Westfield et sa chorale. Elle a pris part au programme Canadian Girls in Training, auquel elle attribue son excellent départ dans la vie. Son identité s’est également forgée au cours de son passage dans les Cadets de la Marine.

Suivant l’obtention d’un diplôme en administration de la Rothesay Regional High School, elle a poursuivi ses études en secrétariat juridique au Compu College à Saint John. La naissance de son fils Christopher en 1972 fut suivie de celle de sa fille Mélissa quelques années plus tard.

Lorsque ses enfants étaient jeunes, Debbie a apporté un soutien bénévole aux personnes âgées pour les aider à gérer des entreprises et à payer leurs factures, ainsi qu’à se créer un réseau pour obtenir l’aide nécessaire. Plus tard, en tant que conseillère en intervention d’urgence et membre d’un groupe de travail multidisciplinaire sur l’intervention d’urgence, elle a fait du bénévolat aux services de police régionaux de Rothesay et de Saint John.

Debbie a ensuite servi dans la Réserve de l’Armée canadienne de 1990 à 1994, travaillant dans l’administration, la logistique et le recrutement. Lorsqu’elle rencontra son futur mari Stuart Sullivan, il avait terminé son service d’artilleur au sein du 2e Régiment du Royal Canadian Horse Artillery (2RCHA) dans les forces régulières. Ils se sont mariés en 1994. Debbie a suivi un cours de conduite de semi-remorques, l’un des champs d’intérêt de son mari. En tant que jeunes mariés, cela les aida à rester unis, et les deux époux parcoururent le Canada et les États-Unis en équipe.

Les enfants de Debbie, Chris et Melissa, étaient des jeunes bien actifs et occupés. Alors que Chris poursuivit ses études au collège militaire, Melissa a choisi un rôle dans l’administration et travaille maintenant pour le Southern Alberta Institute of Technology en Alberta. Chris a servi dans les Forces armées canadiennes comme ingénieur des systèmes de combat, et travaillait à bord du NCSM Chicoutimi quand il est décédé.

Pour Debbie, la perte de Chris a laissé de profondes cicatrices. « Même si cela fait seize ans que j’ai perdu Chris, la douleur de son absence se fait sentir chaque jour », raconte-t-elle. « Je réussis à avancer avec l’aide de mon mari et des membres de ma famille, ainsi que du groupe de soutien au deuil auquel j’appartiens ».

Alors qu’elle était à Halifax pour recevoir la Croix d’argent, Debbie a pu rencontrer de nombreux anciens camarades et pairs de son fils. Ceux-ci ont organisé une cérémonie spéciale pour faire d’elle une sous-marinière honoraire, ce qui l’a enchanté. « Mon mari et moi savons qu’avec de jeunes femmes et hommes comme eux, notre avenir est entre de bonnes mains », indique-t-elle.

En tant que Mère nationale de la Croix d’argent, Debbie affirme vouloir faire tout son possible pour soutenir toutes les autres Mères de la Croix d’argent et leurs familles, et pour leur faire savoir qu’elles ne sont pas seules. En plus de sa nouvelle passion pour le jardinage, Debbie aime danser, peindre et aller à la pêche.

 

 

Biographie

Christopher Edward Saunders

Lieutenant Christopher Edward SaundersLe Ltv Christopher Edward Saunders était un officier de la Marine royale canadienne, un sous-marinier enthousiaste ayant été formé comme ingénieur des systèmes de combat.

Fils de Debbie Sullivan et Hugh Saunders, né le 7 avril 1972 à Saint John, Nouveau-Brunswick, Chris a été tué dans un tragique incendie alors qu’il servait à bord du NCSM Chicoutimi. Le sous-marin était en route de l’Écosse vers le Canada lorsque l’incendie s’est déclaré le 6 octobre 2004.

Chris était très dynamique lorsqu’il était enfant, toujours occupé avec les nombreux amis proches qu’il se fît au fil des ans. Celui que l’on qualifiait de garçon heureux et bien équilibré avait un penchant pour les détails et l’organisation, même à un jeune âge. « Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place », raconte sa mère, Debbie.

Pendant ses années à l’école, Chris semblait vouloir se lier d’amitié avec les enfants timides et tranquilles, les aidant à prendre confiance en eux. Passionné de casse-têtes, de livres et de jeux de société, Chris adorait aussi le base-ball et le golf ; il est plus tard devenu un fervent adepte du vélo de montagne. Il envisageait une carrière dédiée au service des autres, et c’est exactement ce qu’il a choisi : de servir son pays.

Chris a obtenu son diplôme de l’école secondaire Kennebecasis à Saint John avec mention. Il fut réserviste de l’armée tout au long du secondaire, et il reçut une bourse d’études complète au collège militaire. Il fréquenta le Collège Militaire Royal de Saint-Jean, au Québec, dans le cadre du Programme de formation des officiers de la Force régulière (PFOR).

Après avoir obtenu son diplôme de l’école militaire, Chris a été stationné à Halifax, où il a travaillé comme ingénieur des systèmes de combat. Il a également servi sur d’autres navires de guerre au cours de sa carrière. Il aimait passionnément l’armée, qui est devenue sa deuxième famille, et il a partagé de nombreuses aventures avec ses camarades au fil des ans.

Extrêmement fier et enthousiaste à l’idée de devenir sous-marinier, mais toujours très perfectionniste, Chris était parfois dur avec lui-même, voulant atteindre les objectifs de haut standard qu’il s’était fixés. Il a reçu la Médaille du sacrifice à titre posthume. De plus, ses anciens camarades ont organisé un tournoi de hockey annuel pour célébrer sa vie. Le tournoi de hockey commémoratif Chris Saunders rassemble des équipes de hockey militaires et permet de recueillir des fonds pour une œuvre de bienfaisance différente chaque année. La ville où Chris a grandi lui a également rendu hommage en baptisant la Chris Saunders Memorial Elementary School à Quispamsis, Nouveau-Brunswick.

Christopher et sa femme Gwen étaient parents de deux jeunes fils au moment de sa mort : Ben et Luke, qui étaient âgés respectivement de deux ans et de sept semaines lorsqu’il est décédé. De nombreuses années plus tard, ils se portent tous deux très bien, Luke étant à l’école secondaire et Ben, au collège. 


 

Anciennes récipiendaires

Chaque année, les directions provinciales de la Légion et le public soumettent leurs suggestions de candidates pour nomination au titre de Mère nationale de la Croix d’argent. La liste de candidates est examinée par un comité de sélection de la Direction nationale, suite à quoi une mère est choisie pour l’année débutant le 1er novembre.

Anciennes récipiendaires