90 années d’action sociale

Avant la Première Guerre mondiale, les forces armées du Canada consistaient en des associations régimentaires, d’unités de différents types répartis ici et là, et en une organisation nationale...

Avant la Première Guerre mondiale, les forces armées du Canada consistaient en des associations régimentaires, d’unités de différents types répartis ici et là, et en une organisation nationale appelée « Army and Navy Veterans Association of Canada ». L’adhésion à ces groupes se limitait aux anciens militaires; or, ces groupes n’existaient que dans les zones urbaines où on y retrouvait les manèges militaires.

Première Guerre mondiale

De toute évidence, le Canada était mal préparé pour une guerre à l’ère industrielle. Durant cette guerre, en raison du service militaire, le Canada allait subir la perte de 61 000 soldats, et voir un groupe de 172 000 y être blessés et un autre de 130 000 libérés pour raisons médicales.

Dépassés par le nombre même de vétérans malades et blessés, les gouvernements avaient besoin de conseils sur la meilleure façon d’aborder toutes leurs difficultés. D’autre part, ces mêmes vétérans n’étaient pas organisés, d’où la confusion alors que les efforts respectifs des vétérans et des gouvernements allaient à contre-courant l’un de l’autre.

Un besoin d’unité

C’est dans un tel contexte que plusieurs organisations d’anciens combattants virent le jour durant la période de 1917 à 1925. Or, ces organisations ne déployaient pas d’efforts concertés et ne formaient pas de front commun. L’unité devint alors le seul moyen par lequel les anciens combattants pouvaient espérer voir leurs besoins être satisfaits par les gouvernements fédéraux actuel et à venir. En novembre 1925, 12 organisations d’anciens combattants se rencontrèrent à Winnipeg dans le cadre de la « Unity Conference » (« Conférence sur l’unité »), et d’où la création de la Légion devait jaillir; et déjà, en juillet 1926, la Légion s’avérait tout à fait autonome.

La mission de la Légion

Dès ses débuts, la Légion est devenue un défenseur infatigable dans les domaines d’une législation exigeant l’amélioration de la pension et d’autres avantages pour les anciens combattants et leur famille, y compris entre autres les procédures de traitement et d’appels, les assurances pour les soldats de retour au pays, et une aide pour ceux qui souffraient de tuberculose.

Du service envers leur pays au service communautaire

Des changements pour le mieux furent introduits, mais la grande dépression des années 1930 allait générer une toute nouvelle série de problèmes. La Légion dû alors s’impliquer auprès de projets locaux et d’initiatives d’envergure nationale afin d’améliorer les conditions de vie déplorables des anciens combattants presque partout au Canada.

Peu après, partout au pays, les filiales de la Légion commencèrent à répondre aux besoins de leur communauté – une ambulance ici, un programme sportif çà et là, et, éventuellement, de vastes projets d’envergure nationale et provinciale, tels que l’hébergement pour les personnes âgées et le programme national d’athlétisme pour les jeunes Canadiens, firent leur apparition.

Un développement important à cette époque aura été l’adoption, en 1930, de la Loi sur les allocations aux anciens combattants. Cette loi fit en sorte de venir en aide à ceux qui n’avaient pu être admissibles à une pension d’invalidité quand bien même ils avaient été frappés d’incapacité à cause de leur service durant la guerre.

Deuxième Guerre mondiale

La venue de la Deuxième Guerre mondiale vit les Services de guerre de la Légion canadienne offrir certaines fonctions, comme le divertissement, le maintien de cantines, etc., pour le personnel militaire, et ce, tant au pays qu’à l’étranger, y compris sur les fronts de bataille. Les Services éducatifs de la Légion canadienne quant à eux offraient des cours par correspondance et des services de tutorat pour préparer les militaires à leur retour à la vie civile.

Charte des anciens combattants

Entre-temps, et concurremment à ces programmes, la Légion s’impliquait beaucoup dans la promotion du plus important programme de réadaptation à être offert par un gouvernement à ses hommes qui revenaient de la guerre, soit la Charte des anciens combattants.

Les nombreuses lois que regroupait cette Charte touchaient pratiquement tous les aspects de la vie d’un ancien militaire – éducation, traitements médicaux, emploi, programme d’établissement sur des terres, formation professionnelle, ainsi que ces avantages plus conventionnels qu’étaient les pensions d’invalidité et le Plan de formation universitaire.

Malgré l’adoption de la Charte des anciens combattants, la Légion demeurait à l’avant-plan pour revendiquer des avantages améliorés, en particulier eu égard aux invalidités, aux pensions pour décès et aux allocations pour anciens combattants.

La Loi sur les pensions

Lors des années 1960, un comité d’enquête, soit le Comité Woods, étudia en profondeur la Loi sur les pensions et les opérations de la Commission canadienne des pensions. La Légion fut appelée devant le Comité à faire plusieurs présentations détaillées pour y solliciter l’introduction de diverses améliorations législatives. En mars 1971, une toute nouvelle Loi sur les pensions devait voir le jour.

Grâce à d’autres efforts de revendication, une nouvelle base visant à bonifier les taux de pension fut introduite en juillet 1973, laquelle prenait en compte la relation qui existait alors entre les pensions de guerre et les salaires du secteur public, ainsi que les méthodes d’indexation préalablement adoptées utilisant l’indice des prix à la consommation.

Le nouveau millénaire

Au moment où la Légion fit son entrée dans le 21e siècle, ses membres se sont engagés de nouveau à veiller au bien-être des vétérans canadiens et à perpétuer le Souvenir. Pour rappeler aux Canadiens et Canadiennes de ne jamais oublier les leçons et les sacrifices que le passé nous avait fait vivre, la Légion a mis en place, en 1999, la « Vague des deux minutes de silence »; a mené à bien en l’an 2000 le projet de la « Tombe du soldat inconnu »; a persuadé le gouvernement de proclamer 2005 l’Année de l’ancien combattant… et ce ne sont là que quelques exemples des interventions de la Légion.

Nouvelle Charte des anciens combattants

Suite à des efforts accrus de revendication en 2004 et 2005, et dont les bases reposaient en grande partie sur les intentions du gouvernement de déployer des troupes en Afghanistan à compter de février 2006, une nouvelle série de mesures législatives, couvrant pratiquement tous les aspects de la vie de nos hommes et femmes militaires, fut adoptée par tous les partis fédéraux. Désignée sous le nom de Loi sur les mesures de réinsertion et d’indemnisation des militaires et vétérans des Forces canadiennes, elle est plus communément connue sous l’appellation de la Nouvelle Charte des anciens combattants.

Tout comme la Charte des anciens combattants avant elle, la Nouvelle Charte des anciens combattants offre aux hommes et femmes militaires du Canada, et à leur famille, un large éventail de programmes, de services et d’avantages

La Légion ainsi que d’autres organisations de vétérans continuent de comparaître devant le Sénat et divers comités parlementaires pour leur faire part des améliorations à apporter à la Nouvelle Charte, soit un document que chacun, lors de son adoption, qualifiait de « charte vivante » en constante évolution. Déjà en 2011, la Nouvelle Charte était modifiée par le projet de loi C 55.

Deux des plus récentes améliorations adoptées au printemps 2015 offrent aux vétérans canadiens les plus sérieusement blessés âgés de plus de 65 ans des avantages financiers (Allocation de sécurité du revenu de retraite), et à tous les réservistes souffrant d’une invalidité liée au service, la reconnaissance de leur accès aux mêmes avantages et soutien que reçoivent les membres de la Force régulière dans le cadre de leur programme de réadaptation.

Initiative de sensibilisation et de visite

Lors du congrès national de la Légion en l’an 2000, les délégués ont adopté une résolution demandant au gouvernement fédéral de mettre en place un programme transitoire de soins qui verrait à veiller à la sécurité et à la dignité des vétérans. Anciens Combattants Canada avait alors répondu avec la mise en place du Programme de moniteur de soins de longue durée qui, en 2013, a été remplacé par l’Initiative de sensibilisation et de visite. En 2015, ACC a accru son engagement envers cette importante initiative, lequel verra les bénévoles de la Légion, en soutien à ce programme, effectuer plus de 8 000 visites auprès de nos vétérans en établissements de soins de longue durée.

Programme de funérailles et d’inhumation

Lors de chaque congrès national biennal qui s’est tenu depuis 2004, la Légion a réitéré au gouvernement fédéral sa demande à l’effet qu’il apporte d’importantes améliorations au Programme de funérailles et d’inhumation pour les vétérans, programme qui, au cours des années 1990, avait subi d’importantes compressions. Devant l’inaction du gouvernement, la Légion lançait en janvier 2013 une campagne épistolaire. Or, deux mois plus tard, le gouvernement fédéral cédait et se ravisait en accordant un financement accru et en y allégeant les restrictions à l’utilisation.

Réseau du Bureau d’entraide

Le fleuron de la Légion, quand il est question du travail d’action sociale et de représentation, demeure son Bureau d’entraide, soit un réseau de plus de 1 400 bénévoles et professionnels qui s’activent tant dans ses filiales, ses directions provinciales et à sa Direction nationale, pour procurer aux vétérans leurs indemnités liées à leur invalidité.

La Légion et plus particulièrement son réseau du Bureau d’entraide ont à cœur les problèmes touchant les vétérans et leur famille, notamment en ce qui concerne les réclamations pour les prestations d’invalidité, les prestations de survivant et celles s’inscrivant dans le contexte des recommandations du rapport ACVA. Les services offerts par le Bureau d’entraide le sont tout à fait gratuitement, et ce, que vous soyez ou non membre de la Légion.

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter M. Bruce Poulin à la Direction nationale, au (613) 591 3335 (p. 241) ou au (613) 292 8760, ou encore à bruce.poulin@legion.ca.